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Au nom du bien

  • 4 mai 2025
  • 3 min de lecture

Jake Hinkson


« Il y a des choses que nous n’avons pas l’intention de faire, des souffrances que nous n’avons pas l’intention de causer, mais si les gens les prennent de cette façon, eh bien nos intentions n’ont pas vraiment d’importance… »

Dans la petite ville de Stock, dans l’Arkansas, le pasteur Weatherford prépare les festivités de Pâques. C’est samedi, toute la famille est réunie, les cinq enfants se retrouvent sous le toit familial. Mais en ce matin de 2017, Richard reçoit un appel qui ne lui plait pas : le jeune Gary lui impose de le rejoindre et de lui remettre 30 000 $. C’est le prix du silence. Le prix que le pasteur doit payer pour que Gary ne révèle pas qu’ils ont eu des rapports sexuels. Mais comment et où  trouver cette somme ? Il y a des enjeux, des risques terribles, non seulement pour lui mais aussi pour toute sa famille, à commencer par sa femme. 

Un plan se fomente dans son esprit, impliquant des adversaires idéologiques et politiques. Après tout, Richard a du poids dans la communauté, il peut se permettre de faire chanter ceux qui ont moins de respectabilité dans cette bourgade qui prône les valeurs chrétiennes, les idées républicaines et un esprit de prohibition. 

Au fur et à mesure que la journée avance, Richard passe par tous les états d’esprit possibles et envisage toutes les possibilités pour ne pas se retrouver coincé et dénoncé. 30 000 $, il les trouvera. Et s’il doit manipuler et brouiller les pistes, il le fera. Après tout, il est pasteur, et qui s’opposera à lui, en dehors de ce gamin dépressif qui l’a séduit et l’a attiré dans les toiles du pêché ? 


« Tout l'intérêt de présenter un visage au monde, après tout, est de convaincre le monde qu’il s’agit de votre vrai visage »

Encore une fois, voici un roman noir qu’il est difficile de résumer tant on risque de divulguer un élément essentiel de l’intrigue. Se déroulant sur une seule et même journée, on alterne les points de vue de plusieurs personnages, un peu comme dans L’amitié est un cadeau à se faire de William Boyle. On a le rythme, les personnages typiques des états les plus reculés des USA, les hypocrisies des républicains et des pro-Trump, la fourberie des pratiquants et les manipulations des personnes de pouvoir, que ce soit ecclésiastiques ou commerciaux. 

On ne s’ennuie pas un seul instant dans ce chassé-croisé et on en apprend énormément sur ce type de personnes qui peuplent l'Amérique profonde, loin des lumières (y compris morales) de New-York ou autres grandes villes intellectuelles. Dans cette période que nous traversons, où les Etats-Unis se révèlent être une déception quant à ses orientations politiques et internationales, on ne peut que sourire (jaune) face à ce portrait absolument pas flatteur de ce qui se prétend plus grand pays du monde. 

Ce roman, qu’on pourrait qualifier de roman noir, écrit avant la première élection de Trump, risquerait d’être lui aussi censuré par l’administration américaine tant il lève le voile sur la fausseté de ces donneurs de leçon. Un roman à lire pour se rassurer sur l’intégrité de certains américains qui sont encore capables de discernement et de talent pour décrire le pire de la meilleure des façons. Un vrai plaisir de lecture, merci Gallmeister !


« … ce cliché sur le fait que tout le monde sait tout des affaires de tout le monde dans une petite ville n’est simplement pas vrai. Les secrets poussent dans la pénombre, et il y a beaucoup de pénombre dans ces arbres. »

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