Et toujours Les Forêts
- 15 mai 2025
- 2 min de lecture
« il ne restait plus rien en lui pour continuer, de toute façon, il ne restait rien à continuer. »
Corentin est mal arrivé dans la vie. Enfant non désiré, ballotté de gauche et de droite, il finit pourtant par trouver sa place et de l’amour auprès d’Augustine, son arrière-grand-mère, au sein Des Forêts. Il grandit, s’épanouit, tombe amoureux de Mathilde qui finit par le rejeter mais tant pis. Brillant, il part à la Grande Ville poursuivre ses études. Dans le tourbillon citadin, il va de moins en moins souvent rendre visite à Augustine, il y a le temps pense-t-il. Jusqu’au jour où le temps s’arrête. La chaleur devenait chaque jour plus intense, mais personne n’y prenait garde. Les ruisseaux et les arbres s’asséchaient, mais qui s’en souciait ? Et puis il y a eu la Catastrophe. Corentin était dans les catacombes avec ses amis, il a été épargné. Mais une fois à la surface, tout était mort.
« Mourir, c'était beaucoup moins drôle que prévu. »
Seul, perdu, il lui fallait un but. Les Forêts. Augustine. Commence alors le périple d’un jeune homme isolé dans ce qu’il reste du monde d’avant, luttant contre la chaleur, les pluies acides, la mort, la fatigue. A pied, il doit rejoindre son chez lui. Environ 400 km, environ 15 jours de marche, de peur, de folie, de douleurs. Et un chien.
Mais après ? Que trouvera-t-il à destination ? Qui ? Y’aura-t’il seulement quelqu’un ?
Commence alors la seconde partie du roman, dont je ne dévoile rien. Impossible.
« Les hommes étaient intrinsèquement des meurtriers. Ils puaient la mort. Aussi stupides que les cellules cancéreuses détruisant les corps qui les abritent, jusqu'à claquer avec eux. Tuer et être tué. »
J’aime prendre des romans au hasard de ma Billyotheque et me retrouver happée, comme aspirée dans un autre univers. C’est exactement ce qu’il s’est passé avec ce livre. Au commencement était Corentin et son arrivée non désirée dans le monde. Sa mère maltraitante, ses souffrances, ses abandons et Augustine, enfin. Corentin qui grandit, et qui grandit bien. Corentin qui part des Forêts. Et qui finira par vouloir y retourner.
Ça commence comme un roman social, ça continue sur un air de Ravage. Il y a une dose de l’enfer de Sartre et un faux-air de la forêt de Jean Hegland. Et tous ces ingrédients se suivent, se mélangent, sous la plume à la fois apocalyptique et poétique de Sandrine Collette qui nous fait vibrer avec Corentin, qui nous fait ressentir les émotions et les sensations, qui nous fait réfléchir au bien, au mal, à nos comportements envers notre planète qui finira bien, un jour ou l’autre, par se mettre en colère et par le faire savoir. Et alors ? Que ferons-nous alors ? A quoi serons-nous prêts pour survivre ? Que saurons-nous faire pour trouver la force de continuer quand tout et tous auront disparu autour de nous ?
Un roman qui ne laisse aucun répit, mais tout de même un peu d’espoir. Quand tout est mort, quand plus rien d’autre ne vit, il reste une toute petite lueur d’espoir. Lisez « Et toujours Les Forêts » et vous saurez laquelle…
« Détruire ouvrait la porte à la reconstruction. Cela laissait des jours et des années à venir. »


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