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Un monde à refaire

  • 21 mai 2025
  • 3 min de lecture

Claire Deya


« Ne compare pas. Ne relativise jamais. Relativiser, c'est nier. Et nier, c'est tuer une seconde fois.»

Avril 1945. La guerre touche à sa fin sur la Côte d’Azur. Le printemps reprend ses droits, les prisonniers ont changé de nationalité. Mais ce n’est pas parce que l’Armistice approche que tout est terminé. En effet, les plages sont minées et il faut que certains se dévouent pour sécuriser la zone. Impossible de rouvrir le littoral avant que tout soit nettoyé. 

Fabien faisait partie de la résistance et il a décidé de s’engager dans cette mission risquée. Il se forme sur le tas, risquant sa vie tous les jours avec ses hommes et les prisonniers allemands assignés à cette action périlleuse. De toute façon, Fabien ne tient plus vraiment à la vie depuis que sa compagne Odette a disparu. Il trouve du réconfort dans son travail et auprès de ses camarades, tout aussi braves que lui. 

Lorsque Vincent s’engage dans l’équipe, on ne lui pose pas beaucoup de questions, on a besoin de bras et de bravoure. Même si Fabien sent vite que le nouveau venu cache quelque chose. Et c’est le cas. Ancien déporté récemment libéré, Vincent a décidé de tout tenter pour retrouver Ariane, dont il était éperdument amoureux et dont il a perdu la trace. Il sait qu’elle avait décidé de rester auprès de ses parents à la ferme, mais il est loin de se douter de ce que les SS lui ont fait subir. Il est persuadé qu’elle est toujours en vie et est bien décidé à la retrouver, y compris à s’allier avec les allemands obligés de travailler au déminage des plages. Enfin, il y a Saskia. Elle aussi déportée en Pologne avec toute sa famille suite à une dénonciation anonyme, elle souhaite savoir à qui elle doit la mort de ses proches, qui doit payer pour ses défunts et comment récupérer ce qui lui revient de droit : sa maison, son honneur, sa liberté, sa vie. 

Fabien, Vincent et Saskia avancent tous les trois dans cette fin de guerre qui ne signifie rien d’autre pour eux que la continuité d'un combat contre la souffrance. Il leur faut trouver la solution pour trouver la force de continuer à vivre quand tout s’est écroulé et que la guerre n’a laissé que des gravats de leurs existences. 


« On a aussi des gens qui n'ont rien foutu, qui n'ont pas aidé. Qui ont attendu que ça se passe. Et attendre que ça se passe, c'est permettre que ça se passe. »

Période intéressante et rarement traitée que l’immédiate après Seconde Guerre Mondiale, qui plus est sur une partie de la France ayant vécu un débarquement, moins flamboyant, moins connu que celui de Normandie, mais non moins important dans notre Histoire. Le début des travaux de déminage, les risques encourus, la désinformation et le manque d’organisation : tout ce qui met en péril la vie de ceux qui sont prêts à la donner pour reconstruire la France. 

C’est aussi le début d’une certaine réconciliation par le travail, les prisonniers allemands étant, pour la plupart, obligés d’obéir et de faire leur part dans ce travail dangereux. Enfin, il y a la reconstruction des hommes et des femmes, leurs combats pour laisser le passé derrière eux ou, au contraire, se donner l’illusion qu’ils pourront retrouver le bonheur d’antan. Mais les années ont passé et les êtres aimés ont trépassé. Il faut aller de l’avant et ne pas faire d’histoire. 

Ce roman avait absolument tout pour me plaire, et pourtant, j’ai eu beaucoup de mal à me faire à cette plume. Peut-être le mauvais moment ? Peut-être un ton qui ne me correspond pas, légèrement trop fleur bleue pour moi. Je suis assez déçue de ma lecture en ce qu’elle n’a pas eu la puissance que j’en attendais. Au demeurant, je suis plus forte de ce que j’ai appris sur les dernières semaines d’avril 1945, sur les chantiers de déminages, sur les dangers qui n’ont pas disparu d’un claquement de doigts et des conditions d’enfermement des prisonniers allemands. Bref, comme d’habitude, je retiens le positif : la grande leçon sur cette période trouble et opaque qui ne nous est pas racontée dans les manuels mais qui a contribué à faire de notre pays ce qu’il est devenu, y compris dans son alliance avec l’Allemagne…    


« leur rire résonnait dans l'abîme d'une humanité vide de toute humanité, leur rire se propageait en écho jusqu'en enfer… »

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